Les Présidentes de parlement ont poursuivi leurs délibérations sur la santé des mères, des enfants et des nouveau-nés pour la deuxième journée consécutive. Aujourd’hui, elles se sont intéressées au contexte sociétal dans lequel les soins doivent être dispensés.
Comment mettre en place des sociétés « ouvertes aux femmes » ? Par quoi commencer ? Pour certaines, c’est à l’école. Il faut des programmes scolaires qui favorisent l’égalité des sexes.
Pour d’autres, il ne faut pas sous-estimer l’importance des dirigeants politiques et des partis, qui sont de puissants faiseurs d’opinion. Il faut miser sur eux et travailler avec eux.
En fait, le débat porte en grande partie sur l’idée de partenariat. Les femmes ont mis ces questions à l’ordre du jour, elles exigent qu’on respecte leurs droits, mais elles ne peuvent pas les garantir seules. Il faut que les hommes se joignent à elles et que la société soit solidaire de leur action.
La meilleure preuve en est la lutte contre les violences faites aux femmes. Pour mettre fin à ces violences sous toutes leurs formes - et en particulier à la violence insidieuse perpétrée au domicile conjugal, à l’abri des regards extérieurs – il faut l’appui de la société tout entière.
La participation des femmes à la vie politique et publique est capitale, mais les femmes ne veulent pas être contraintes de prendre part à un système dont les règles ont été fixées par les hommes. Une vie politique sous la coupe des hommes n’est pas attrayante pour les femmes. C’est donc un double défi que les femmes ont à relever : non seulement accéder aux responsabilités politiques mais aussi en réformer le mode de fonctionnement.
L’une des présidentes conclut dans un élan passionné : durant les soixante dernières années, nous avons adopté tant de bonnes lois, pourquoi ces problèmes ne sont-ils pas encore résolus ? Parce que ceux qui sont chargés d’appliquer les lois sont pris dans le carcan de vieilles idées, nourris de préjugés d’un autre âge. Nous devons faire évoluer leur façon de penser, faire changer les mentalités, modifier la société dans laquelle nous vivons.
Nous sommes samedi en début d’après-midi. Dehors, le soleil est de plomb. Les rues sont pleines de monde mais le Conseil national ne désemplit pas. Nous prenons part à des échanges incroyablement riches et les Présidentes de parlement ont beaucoup de choses à se dire.
A la fin de leur rencontre, elles adoptent l’Initiative de Berne pour une action mondiale des parlementaires sur la santé maternelle et infantile – programme d’action en huit points qu’elles entendent promouvoir au Parlement et à travers lui, pour réaliser les OMD 4 et 5 d’ici à 2015.
Anders B. Johnsson
Secrétaire général
Union interparlementaire
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