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Si les gens sont plus nombreux que jamais à vivre dans des démocraties, ils sont aussi plus nombreux que jamais à être déçus de la démocratie et de la politique qui ne parviennent pas à résoudre les problèmes. La fracture qui sépare les électeurs de leurs représentants est bien plus réduite aujourd’hui qu’il y a quelques décennies, ce que l’on doit en particulier aux médias. Pourtant, nombre de nos citoyens se détournent de la politique et du processus démocratique de prise de décision, parce qu’ils estiment que le Gouvernement et le Parlement sont la chasse gardée d’une élite dont ils ne font pas ou ne veulent pas faire partie. Le troisième paradoxe est la réaction […] des citoyens qui veulent voir un renforcement des autorités chaque fois que quelque chose va mal dans la société […]

Nous devons apporter de nouvelles réponses à différentes questions, à savoir quel devrait être le rôle du gouvernement en période de crise mondiale, qu’est-ce que les citoyens peuvent attendre de leurs gouvernements et comment ils peuvent influer sur les orientations gouvernementales dans nos démocraties. […] L’immobilisme serait la pire réponse que l’on pourrait imaginer. Il faut modifier la conception que l’on se fait, aux échelons national et international, de la croissance économique. Il faut viser une croissance de qualité et non la quantité […] Au plan parlementaire, nous voulons une attitude différente avec du respect pour la reddition de comptes et davantage de réactivité envers nos citoyens et l’obligation de contrôle qui est la nôtre.

Interview en anglais

Extraits de la réunion-débat :

Intervenants

Il ne suffit pas d’avoir des institutions parfaites. Le Parlement est une délégation du pouvoir du peuple. La démocratie repose sur la confiance entre ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui le leur ont confié. (Josep Dallerès Codina, Président du Conseil général d’Andorre)

Comment avoir de meilleures relations avec nos citoyens ? Comment redevenir crédibles ? D’abord par notre engagement. Nous devons nous consacrer à 100 % à la politique […] En politique, aujourd’hui, il faut que ce que l’on fait se voie. C’est une question de responsabilité et de transparence. Nos électeurs doivent pouvoir juger si nous sommes en accord avec les choix politiques que nous faisons. Lorsque nous votons sur un dossier, il faut que cela se sache. (Jorge Pizarro, Président du Sénat du Chili)

Plus la société civile est forte, mieux se passe la vie politique. Nous avons besoin de contributions extérieures au Parlement. […] Les femmes sont plus à même de défendre les dossiers concernant les femmes et leurs préoccupations. (Barbara Prammer, Présidente du Conseil national autrichien)

La représentation

Plusieurs groupes ont besoin d’être intégrés au Parlement : les femmes et les hommes qui ont des besoins particuliers, les jeunes hommes et les jeunes femmes et les hommes et femmes d’origines différentes.

Nombre de pays appliquent, à titre provisoire, des mesures particulières pour renforcer la représentation des femmes. Ces mesures fonctionnent et méritent d’être plus largement débattues par les parlementaires.

Les technologies

Les citoyens débattent désormais les dossiers politiques grâce aux nouvelles technologies, sans pour autant inclure le Parlement dans leurs échanges. De leur côté, les Parlements continuent à utiliser des sites web pour communiquer, quand les citoyens utilisent des moyens de communication plus interactifs, comme les réseaux sociaux.

Le rôle du Parlement

Les citoyens ne savent pas quel rôle jouent les parlements qui sont pourtant investis d’un pouvoir considérable sur les décisions et sont chargés de contrôler l’action de l’Exécutif. Les médias et les nouvelles technologies peuvent contribuer à la démocratie, mais ils ne sauraient remplacer les citoyens, qui peuvent passer au crible la cohérence des décisions que prennent les parlementaires.

A quoi servent les parlements ? Pourquoi existent-ils ? Bien sûr, quand les parlements ne sont que des chambres d’enregistrement des décisions de l’exécutif, les citoyens sont en droit de se poser ce genre de questions. Dans ce cas là, des réformes constitutionnelles s’imposent pour donner davantage de pouvoir et de légitimité au Parlement.

Nous savons tous que les décisions politiques sont prises au terme d’âpres négociations, qui donnent lieu à des compromis. Les citoyens ont besoin de savoir en quoi consiste le processus de négociation. C’est cela la transparence.

Parfois, vous ne ménagez aucun effort et travaillez dans les règles de l’art, mais les gens continuent à ne pas vous porter dans leur cœur parce que vous touchez à des questions délicates telles la fiscalité, la réforme des retraites ou la création de sièges réservés aux femmes.

Les parlementaires ont parfois à prendre des décisions qui sont dans l’intérêt des citoyens, mais ne font pas l’unanimité auprès des groupes de pressions, des associations, etc. Ce qui gêne les citoyens, c’est l’utilisation du pouvoir à des fins personnelles et le manque de transparence.

Ce que les citoyens attendent des parlementaires, ce sont des réponses à leurs besoins : la stabilité sociale, des droits socio-économiques, une éducation de qualité sur l’ensemble du territoire, des établissements de soins […] Où qu’ils soient, les citoyens ont en commun de vouloir des décisions justes, opportunes et en adéquation avec les besoins, des décisions qui leur profitent à tous.

Les attentes des citoyens à l’égard des parlementaires varient d’un pays à l’autre. Dans certains pays, les citoyens attendent des parlementaires qu’ils veillent à ce qu’ils puissent manger et avoir un peu d’argent.

Pour conclure

Comment regagner la confiance des citoyens ? Le premier ingrédient est la transparence. La transparence dans les décisions, l’information, l’élaboration du budget et les votes. Vient ensuite le respect : le respect de la parole donnée, le respect des citoyens et le respect des valeurs communes.

Ne faites pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir.

Interview en farsi et en français

 « Pourquoi n’avons-nous droit qu’à cinq minutes ? », a demandé un Président à la séance de ce matin. « Pourquoi n’avons-nous pas plus de temps ? ». La réponse se trouve en partie dans le nombre de Présidents qui participent à ce sommet.

Nous ne pouvons que le constater tout au long de la journée. Il est tout simplement impossible de respecter les horaires prévus. A la fin de la matinée, les interprètes éteignent la lumière, ferment les cabines et partent déjeuner. Le dernier Président de la matinée a dû faire son discours sans interprétation.

Je trouve que c’est un manque de courtoisie, mais on me rappelle que je suis à l’ONU et que c’est la pratique habituelle.

Le débat se poursuit dans l’assistance et dans les couloirs. Les thèmes demeurent les mêmes : crises mondiales, responsabilité démocratique, rôle des parlements dans les relations internationales.

Un certain nombre de Présidentes et Présidents ont parlé de l’orientation à donner à l’UIP.

Certains pensent qu’il est peu probable qu’une convention internationale sur l’UIP renforce l’Organisation. D’autres font valoir que l’heure est venue de donner à l’UIP un statut d’organisation internationale grâce à une convention. De même, le rôle de l’UIP par rapport à l’ONU a fait l’objet de nombreux commentaires et suggestions.

Bien sûr, la Conférence n’a pas pour objet de prendre quelque décision que ce soit sur l’UIP, mais cela n’empêche pas (ou ne doit pas empêcher en tous cas), les Présidentes et Présidents de parlement d’exprimer leurs avis, qui sont parfois diamétralement opposés.

Ce débat déborde sur le comité que l’on a appelé « préparatoire », qui se réunit en fin d’après-midi pour régler quelques points en suspens dans la déclaration, qui ont trait, précisément, à l’UIP et à son avenir.

Pendant ce temps, des réunions-débat se tiennent dans d’autres salles. Je n’ai pas pu y assister. Pourquoi ne peut-on pas être partout ? Il se passe tout simplement trop de choses à la fois.

La responsabilité démocratique devrait être un antidote à la crise mondiale, car elle favorise l’édification d’une société plus libérée, où l’être humain est l’épicentre de notre attention et où, tous autant que nous sommes, sommes appelés à remédier à la crise des valeurs face à la suprématie du pouvoir économique et financier.

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